Ép. 5 – La cohabitation impossible
- Nina

- 5 janv.
- 3 min de lecture
Dernière mise à jour : il y a 10 heures
Quand rester sous le même toit devient une violence silencieuse
Trois semaines de cohabitation.
– 8 kilos.
L’impression de camper dans ma propre maison.
Dans ma propre vie.
Je me sens étrangère.
J’ai mon côté de la maison avec ma fille (elle a 6 mois).
Je partage le salon, la cuisine et la salle de bain avec Monsieur X et sa fille.
Chacun ses habitudes.
Je me plie aux leurs.
Je crois encore qu’il peut changer d’avis.
Qu’il va revenir sur sa décision.
Je me raconte que ce n’est qu’une mauvaise passe,
que je dois le laisser respirer.
Alors je me fais petite.
Je m’occupe à 100 % de ma fille.
Il est fuyant.
Distant.
Ambivalent.
Parfois, je suis une mère exceptionnelle.
D’autres fois, je ne suis bonne à rien et je l’empêche de vivre.
Je suis en hypervigilance permanente.
Je ne sais jamais à quoi m’attendre.
Cohabitation impossible : Quand le corps lâche

Mon corps commence à me trahir.
Je n’arrive plus à manger.
Ni même à cuisiner.
Je suis épuisée.
Le sommeil ne vient pas.
La détente n’existe plus.
Je fuis la maison dès que je le peux.
Un soir, j’ose demander à dîner dans ma famille.
Sans ma fille.
Quand je rentre, Monsieur X est dans le jardin.
Cigarette à la main.
Je lui demande si tout va bien pour ma fille.
Il me répond, calmement :
« Elle est dans sa chambre. Ça fait une heure qu’elle pleure. Ma mère arrive pour la calmer. »
Je suis sidérée.
Je cours jusqu’à ma fille.
Elle est en pleurs, paniquée.
En quelques minutes, je la rassure.
Elle s’endort.
À partir de ce jour-là, sans vraiment en avoir conscience, je comprends une chose essentielle :
je ne pourrai jamais lui faire confiance pour s’occuper d’elle.
Dans cette histoire, le parent stable, c’est moi.
Le déclic
Quelque chose se casse.
Mais quelque chose se remet aussi en place.
La cohabitation est impossible.
J’arrête d’attendre quoi que ce soit de lui.
Je me reprends en main.
Je reprends doucement le sport.
Je me force à manger.
Je dois tenir.
Pour moi.
Pour ma fille.
Je mets de la distance entre lui et moi.
Je l’évite.
Mais les violences verbales continuent.
Chaque jour, une nouvelle accusation :
menteuse, manipulatrice,
j’invente ma dépression.
Il va même jusqu’à me traiter de pervers narcissique....
Parfois violent.
Parfois gentil.
Jamais clair.
Sortir du déni
Un médecin de l’équipe de périnatalité vient à domicile.
Monsieur X lui explique, très clairement, qu’il n’y a plus rien entre nous.
Que c’est fini.
Puis il part travailler.
Le médecin reste avec moi.
Elle me parle du violentomètre.
Je ne savais pas que ce que je vivais avait une couleur.
Je pleure pendant une heure.
Je comprends enfin ce que mon corps essaie de me dire depuis trois semaines.
Être « dans le orange », ce n’est pas anodin.
Ce n’est pas « supportable ».
Ce n’est pas « normal ».
Si vous lisez ces lignes et que vous doutez,
mon violentomètre peut vous aider à vous situer.
Partir
Le lendemain, il s’énerve encore.
Il me lance :
« Tu stresses ta fille. J'en peux plus. Cette cohabitation c'est n’importe quoi. »
Puis il part.
Je décide que lorsqu’il rentrera ce soir-là,
je ne serai plus là.
L’après-midi même, je déménage avec l’aide de ma sœur.
Je n’ai pas de destination précise.
Juste le garage de chez ma mère pour déposer mes affaires.
Pour la protéger.
Et parce que je ne sais pas où je dormirai.
Ce soir-là, je la ramène chez son père.
Une garde alternée s’installe, plus ou moins.
Mon départ n’était ni héroïque, ni spectaculaire.
Mais il était vital.
__
Avec le recul, j’ai compris que de nombreux signaux étaient déjà là bien avant cette cohabitation.
Je ne les avais pas identifiés, non pas parce qu’ils n’existaient pas, mais parce que je ne savais pas les reconnaître.
J’ai créé un document regroupant Les 15 Signaux d'Alerte d'une Relation toxique, pour celles qui souhaitent aller plus loin dans la compréhension de ce qu’elles vivent.
À bientôt
Kiss Kiss love 💛



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