Ép. 3 – Dépression post-partum, la naissance de ma fille a tout changé (encore)
- Nina

- 22 déc. 2025
- 4 min de lecture
Dernière mise à jour : il y a 12 heures
Entre le bonheur d’être mère et la froideur de celui que j’aimais.
Après cinquante-cinq minutes de travail, ma fille voyait le jour.
J’étais sous le choc.
Surprise par sa taille — comment elle a pu sortir de moi ?
Surprise par sa couleur — pourquoi elle est violette ?
Mes émotions étaient en pagaille et la fatigue n’arrangeait rien.
Tout le monde s’affairait autour de moi, et je ne réalisais pas encore ce qui venait de se passer.
J’étais là, sans être vraiment là.
Dans cet état de flou, je n’ai pas réussi à prendre ma fille tout de suite dans les bras.
J’étais comme paralysée, figée par le choc.
Monsieur X l’a prise contre lui, puis elle a eu ses premiers soins.
Les sages-femmes se sont occupées de moi et, lorsque j’ai repris mes esprits, j’ai enfin pris ma fille contre moi pour sa première tétée.
Depuis le moment où mon regard a croisé le sien, un lien invisible mais puissant nous a unies.
Depuis, tout a changé.
Monsieur X est devenu ma deuxième priorité.
Et c’est précisément là que quelque chose a basculé.
Les premiers jours : présence physique, absence affective
À la maternité, j’étais seule avec mon bébé.
Monsieur X était là.
Il m’apportait les repas, assistait aux soins.
Il était présent physiquement, mais déjà très loin affectivement.
Je ne me suis jamais sentie aimée ni soutenue moralement.
Pas de câlin. Pas de bisou. Pas d’attention.
À la place, il se plaignait que personne ne lui demandait comment lui allait.
J’étais épuisée.
Je n’avais qu’une envie : rentrer à la maison.
Le retour à la maison : l’épuisement silencieux du post-partum
De retour chez nous, les choses n’ont fait qu’empirer.
Monsieur X est retourné travailler.
Je passais mes journées seule avec ma fille.
Je m’en occupais sans relâche, et paradoxalement, c’était une période de bonheur intense : je pouvais profiter d’elle à cent pour cent.
Mais en parallèle, je continuais à tout gérer.
La maison, les repas, les lessives, le chien, le travail.
Je ne m’autorisais pas vraiment à me reposer.
Les nuits étaient courtes.
Au début, Monsieur X se réveillait parfois quand j’allaitais, puis très vite, je me suis retrouvée seule à nouveau.
J’étais épuisée, et tout le monde le voyait.
Mais j’étais profondément bien avec ma fille.
La nuit, quand il n’y avait qu’elle et moi, les yeux dans les yeux, je ressentais une plénitude immense.
Des moments de connexion puissants, presque hors du temps.
Je n’aurais voulu les échanger pour rien au monde.
L’allaitement, la culpabilité, la perte de repères
Quand ma fille a eu environ deux mois, Monsieur X a commencé à me dire qu’il serait préférable que j’arrête d’allaiter.
Pour que je sois moins fatiguée.
Pour qu’il puisse, lui aussi, participer aux repas.
J’ai refusé.
Ces moments avec ma fille étaient sacrés.
Mais plus les jours passaient, plus il insistait, subtilement.
J’ai fini par me sentir coupable de le priver de moments avec sa fille.
J’ai commencé à douter de moi.
À croire qu’il avait peut-être raison.
À penser que j’irais mieux si je me reposais davantage.
À partir de ses trois mois et demi, ma fille est passée entièrement au lait infantile.
Et à partir de là, j’ai commencé à sombrer.
Je ne m’étais pas écoutée.
J’avais cru que tout irait mieux.
Je me trompais.
Monsieur X avait obtenu ce qu’il voulait, mais rien n’avait changé.
Nous nous sommes encore davantage éloignés.
La spirale invisible de la dépression post-partum

Petit à petit, les reproches ont commencé.
Petit à petit, il s’est encore plus éloigné.
Petit à petit, je me suis sentie exclue.
Il me disait de sortir avec ma fille, de faire des activités.
Il m’encourageait à ne plus venir dans sa famille, “pour que je me repose”.
Plus il faisait les choses pour m’aider, plus il m’enfonçait.
Je ne me sentais pas bien.
J’étais fatiguée.
J’étais seule.
La dépression s’installait doucement, sans bruit.
Le moment de lucidité
Un matin, face à ma fille, j’ai senti que quelque chose n’allait pas.
Que si je continuais ainsi, mon lien avec elle finirait par en pâtir.
J’ai fondu en larmes.
Une crise d’angoisse m’a traversée.
À cet instant, j’ai compris que je devais demander de l’aide.
Le suivi psychologique a commencé.
Et avec lui, les tensions se sont aggravées.
Monsieur X est devenu encore plus distant.
Il disait que je mentais et le manipulais.
Il disait vouloir une “vraie femme qui travaille”.
Il disait avoir besoin de recul pour ne pas se perdre.
Il disait vouloir réfléchir, pour ne pas revivre ce qu’il avait vécu avec son ex.
Plus il s’éloignait, plus j’avais envie de me raccrocher à lui.
J’avais besoin d’une seule chose : du soutien et de l’amour.
Le départ
Avec son accord, j’ai décidé de partir dix jours pour me reposer.
Je pensais sortir de la dépression post-partum.
Revenir plus forte.
Plus claire.
Plus apaisée.
J’étais loin d’imaginer ce que j’allais découvrir à mon retour…
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