Ép. 6 – Après la fuite : tenir sans replonger
- Nina

- 12 janv.
- 3 min de lecture
Dernière mise à jour : il y a 10 heures
Mon sas de décompression
Je me retrouve seule, dans la maison de mon père.
Un cadre familier, rassurant. Je peux enfin souffler.
J’ai ma fille trois jours sur six, et je vis les trois jours suivants comme si chaque journée durait une éternité.
Tous les matins, je me réveille avec une boule au ventre. Tous les soirs, il me faut des heures pour m’endormir. Même un film, même une comédie, peut me faire pleurer.
Je suis le jouet de mes émotions.
Oscillant entre l’envie de me sortir de ce merdier et l’espoir fou que Monsieur X se soit trompé et qu’il puisse changer.
J’essaie de me persuader que je n’ai pas besoin de lui pour être bien. Mais je suis divisée entre deux mondes : l’indépendance et l’espoir.
Une lettre pour tout dire

Je décide d’écrire.
Huit pages.
Tout ce que j’ai ressenti depuis la naissance de ma fille, tout ce qu’il m’a fait subir.
Je parle aussi de mon amour pour lui, de ma volonté de pardonner, de repartir de zéro.
Ma lettre est chaotique, mais elle contient tout ce que j’ai sur le cœur.
Je suis perdue, je tente de recoller les morceaux d’une histoire déjà enterrée.
Quand il me répond, c’est comme si rien de tout cela n’avait existé.
Smileys, mots gentils pour ma fille et moi, un humour qui se veut bienveillant.
Je suis déstabilisée.
Mais petit à petit, je comprends son ambivalence : quel que soit son petit jeu, je ne veux plus en faire partie.
Maintenant, je dois tenir sans replonger.
Mon pacte avec moi-même
Quand il me demande de le voir pour « parler de ma lettre et de mon vécu », je lui réponds que j’ai besoin de me recentrer. Que je n’en peux plus d’être la seule à essayer de nous sauver.
Pour ne pas me perdre à nouveau dans l’espoir et l’ambivalence, j’ai pris une décision claire, un engagement envers moi-même : rester ancrée dans la vérité.
Je me fixe une dead line : trois mois.
Trois mois pour moi.
Trois mois pour me reconstruire.
Trois mois pour apprendre à être mon propre pilier.
Après des heures d’analyse, j’ai compris : ses blessures d’enfance expliquent son comportement, mais je ne peux rien y faire. Ce qui compte, c’est moi, ma reconstruction, ma fille.
Sa réponse passive-agressive renforce ma décision.
Il me souhaite « tout plein de belles choses », me dit être désolé de ne pas avoir correspondu à mes attentes, me souhaite de trouver « quelqu’un qui saura me mettre en sécurité ».
Il inverse la responsabilité, se positionne comme quelqu’un de lucide et mature, sans jamais reconnaître ses actes.
Encore une fois, il refuse totalement de parler émotions.
À partir de là, je me coupe complètement de mes sentiments pour lui.
Je me concentre sur moi.
Je chasse les pensées toxiques.
Je passe du temps dehors.
Je profite du chien.
Je médite.
Je respire.
Tenir sans replonger
Rien n’est simple.
Je me sens vide.
Triste.
Trahie.
Seule.
Je pleure parfois sans raison.
Je n’ai aucune idée de ce que demain me réserve. Je fais simplement de mon mieux pour survivre, une journée à la fois.
Ma fille reste ma parenthèse de bonheur.
Je prends aussi du temps pour moi, pour respirer avant la rentrée et le retour à la « vraie vie ».
À suivre : je vous raconte comment j’ai posé un nouveau cadre pour ma vie et celle de ma fille, entre logement, routines et réalité à réinventer.
À bientôt
Kiss Kiss love 💛



Commentaires